Le Domaine d’Isegorias » La L√©gende de Ceridwen : le roi des Korrigans - Contes et légendes de Bretagne, Féerique

La Légende de Ceridwen

Aux temps anciens vivait √† Penlyn, au Pays de Galles, un homme de race noble nomm√© Tegid Vael ( Tegid-le-chauve). Il demeurait en une √ģle au beau mitant du lac…

Son √©pouse, Ceridwen lui avait donn√© trois enfants : un gar√ßon, Morvran, une fille, Creirwy, belle comme le jour, et une esp√®ce de monstre nomm√© Afanc-Du ( Noir-Castor ). Le premier, Morvran, n’√©tait pas g√Ęt√© par m√®re-Nature : il √©tait si laid que cela lui valut bien des ann√©es plus tard de survivre dans un combat sanglant, la bataille de Camlan o√Ļ le roi Arthur et son fils honni Mordred s’entre-tu√®rent :
…Chacun pensait que c’√©tait un diable et l’√©vitait…
Mais ceci est une autre histoire…Son fr√®re, Afanc-Du √©tait pire encore, c’est dire !…

Sa m√®re d√©sesp√©rait de le pouvoir montrer un jour en soci√©t√©, √† moins qu’il n’eut quelques m√©rites suffisant pour faire oublier son aspect. Autant dire que la t√Ęche √©tait quasiment sans espoir mai Ceridwen √©tait une magicienne √©m√©rite, √† qui rien n’√©tait impossible.

Elle entreprit donc de le faire bouillir √† son intention le chaudron d’inspiration et de science. S’il connaissait les arcanes de toutes choses et les secrets de l’avenir, assur√©ment il n’aurait plus aucun mal √† se faire
une place dans le monde !
Elle mit donc le chaudron sur le feu. Pour l’accomplissement de l’enchantement, il ne devrait s’arr√™ter de bouillir pendant un an et un jour.
Elle chargea donc le nain Gwyon Bach de le surveiller et un aveugle nomm√© Morda d’entretenir le foyer. De son c√īt√©, elle s’employait √† r√©colier chaque jour aux heures prescrites les herbes magiques de la d√©coction.

Mais il advint un soir, alors que l’an touchait √† sa fin, que le liquide magique bouillonnant versa et d√©borda du chaudron. Trois gouttes tomb√®rent sur le doigt de Gwyon Bach qui, sous la br√Ľlure, porta le dit doigt √† sa bouche. Il en acquit √† l’instant m√™me toute la science et la vision des choses venir que Ceridwen destinait √† son fils…
Il sut accessoirement combien √©tait grande la malignit√© d’une Ceridwen qui ne manquerait pas de lui tenir rancune pour avoir ainsi d√©tourn√© l’enchantement √† son usage…
Il pr√©f√©ra donc s’enfuir sur le champs…
Et le chaudron laissé à lui-même se brisa en deux car toute la décoction était empoisonnée, hors les trois gouttes magiques.

Ceridwen rentra pour constater le désastre.
Prise de fureur, elle se saisit d’une souche de bois et roua de coups le pauvre Morda, jusqu’√† ce que ses yeux lui tombassent sur les joues.
-Tu m’as d√©figur√© sans raison, se d√©fendit-il, car je suis innocent.
-C’est vrai, reconnut la sorci√®re ; c’est Gwyon Bach le coupable !
Elle se lança alors à la poursuite du nain.

L’apercevant √† ses trousses, Gwyon se changea en li√®vre…
Mais alors Ceridwen se chagea elle-m√™me en l√©vrier et l’allait rattraper…
Il se pr√©cipita alors dans la rivi√®re et devint poisson…
Ceridwen se changea en loutre et continua ainsi √† le pourchaaser sous les eaux…
Gwyon prit alors la forme d’un oiseau et s’√©lan√ßa vers le ciel…
Elle se fit √©pervier et fondit sur lui…
Alors, apercevant un tas de grain sur l,aire des battages, il s’y laissa tomb√© et devint grain de bl√©…
Mais Ceridwen se transforma en poule noire et enntreprit de gratter et d’√©parpiller le bl√©. Elle fit tant qu’√† force de gratter le d√©couvrit et l’avala…

A peine avait-elle gob√© le grain qu’elle se trouva enceinte. Et comme il est d’usage, apr√®s neuf mois elle donna la vie…C’√©tait un petit gar√ßon. Pour rien au monde Ceridwen ne voulut l’√©lever. Son √©poux n’en sut rien.
Elle le mit dans un sac et le jetta à la mer.

Il fut rep√™ch√© par le price Elffin qui l’adopta et lui donna le nom de
Taliesin. Ce fut un grand po√®te, celui que les Triades c√©l√®brent comme le prince des bardes de l’√ģle de Bretagne. Il transmit √† la post√©rit√© le nom de son bienfaiteur et celui de beaucoup d’autres. Il fut aussi le comp√®re de Merlin, le c√©l√®bre encahteur et proph√®te des Temps Aventureux…
Mais ceci est encore une autre histoire…

Douce Elfe des bois, rouquine aux regard d’opale…Surnomm√©e Elfe de l’Aube d√Ľ √† sa naissance au moment m√™me o√Ļ la clairt√© embrasse la noirceur. De son aura ambr√©e elle ma√ģtrise son instinct et le pouvoir de Dame Nature, sa m√®re…