Le Domaine d’Isegorias » Les F√©es : le roi des Korrigans - Contes et légendes de Bretagne, Féerique

Les Fées

Une fée

On les appelle aussi le Petit Peuple, le Bon Peuple, les Hommes Verts, et de bien d’autres fa√ßons. Cette communaut√© internationale d’√™tres immortels est originaire d’Italie o√Ļ les F√©es s’appelaient fatae, “destin√©es”. Lorsque la civilisation romaine se r√©pandit dans d’autres pays, les fatae suivirent les √©migrants et s’install√®rent dans les m√™mes territoires. En France, leur nom d√©form√© donna f√©e. Quand les Romains envahirent l’Angleterre, les f√©es les accompagn√®rent et furent connues pendant des si√®cles sous le nom de fays, que les gens de la campagne chang√®rent en fairies.

Les F√©es ne r√©ussirent jamais √† s’installer en Gr√®ce car elles furent aussit√īt chass√©es par les Nymphes et les Dryades. Mais elles all√®rent vers l’est, au Moyen-Orient et en Asie. Durant les quatre derniers si√®cles, elles ont accompagn√© les √©migrants d’Europe jusqu’en Am√©rique du Nord, en Australie et d’autres pays du Nouveau Monde. En Angleterre et en Irlande, elles sont partout, sauf dans les Cornouailles, le Devon et le Somerset. Elles s’install√®rent dans ces pays peu apr√®s l’invasion romaine, mais se heurt√®rent aux premiers habitants, les Lutins. Pendant le r√®gne du roi Arthur, un grand combat opposa Lutins et F√©es, et ces derni√®res furent chass√©s √† l’est de la rivi√®re Pedder.

Une F√©e, m√Ęle ou femelle, a en g√©n√©ral la forme d’un parfait √™tre humain en miniature. Ceux qui les ont vues disent qu’elles sont “aussi hautes que les genoux d’un petit homme”ou qu’elles “arrivent √† la t√™te d’un chien”. Elles peuvent, cependant, grandir ou rapetisser √† volont√©, prendre la taille d’un gland de ch√™ne ou celle d’un humain √† l’√Ęge adulte.

Contrairement √† la croyance, les F√©es n’ont pas le pouvoir de se rendre invisibles. Les oiseaux, les chevaux, les chiens, le b√©tail et tous les autres animaux, √† l’exception des humains, les voient nettement. Les humains ne les aper√ßoivent que le temps d’un clignement de paupi√®res, ce qui est peu.

Il y a quand m√™me des exceptions √† cette r√®gle. Par exemple, lorsqu’une F√©e utilise son pouvoir magique pour qu’un humain voit une ou plusieurs F√©es ; ou lorsque la lune est pleine la veille de la Saint-Jean. A de telles occasions, un mortel peut les voir danser mais, s’il approche trop, elles peuvent le frapper de la maladie de langueur. La troisi√®me exception est provoqu√©e par l’utilisation d’un caillou perc√© (dont le trou est fait par l’√©rosion de l’eau d’un ruisseau). Si un mortel regarde √† travers ce caillou, il verra nettement les F√©es.
Il y a deux sortes de F√©es : celles qui vivent en groupe et celles qui vivent solitaires. Les premi√®res sont habill√©es en vert et elles portent parfois un chapeau rouge orn√© d’une plume blanche, alors que les secondes sont tout de rouge v√™tues.

Les bandes de F√©es habitent au creux des collines ou sur des buttes de terres, des tertres ou des tumulus, que les tribus pr√©historiques √©lev√®rent en l’honneur de leurs chef s d√©c√©d√©s. Il est fortement d√©conseill√© aux mortels d’approcher de ces lieux, apr√®s le cr√©puscule, surtout les soirs de pleine lune.

Croire qu’il existe un pays des F√©es est une erreur : elles habitent avec nous, dans notre monde, et il appara√ģt f√©erique √† tous ceux qui peuvent en d√©celer la magique beaut√©.

La soci√©t√© des F√©es est organis√©e selon un mod√®le tr√®s proche de celui des hommes, mais elle est matriarcale. Chaque communaut√© est dirig√©e par une reine. Il y a aussi un roi mais il n’est que prince consort. Tout le peuple des F√©es est gouvern√© par la reine Titania et le prince Ob√©ron, dont la cour se situe pr√®s de Strtford-on-Avon, en Angleterre. Ils gouvernent avec doigt√©, laissant une grande autorit√© aux reines des diff√©rents groupes. Titania est une F√©e de stricte moralit√©, mais Ob√©ron est un amoureux ardent, toujours en qu√™te d’aventures avec de jeunes F√©es ou de jeunes mortelles.

Chaques ann√©es, les reines tiennent une conf√©rence internationale, mais ce n’est pas tr√®s s√©rieux. Elles passent la plupart de leur temps √† bavarder, √† chanter et √† se raconter des histoires sur les b√™tises des humains.

Les reines et leur cour soignent beaucoup leur toilette. Leurs habits sont tiss√©s dans la plus belle soie d’araign√©e et paillet√©s de sequins en gouttes de ros√©e. Lorsqu’une reine appara√ģt √† un humain, ses v√™tements ne peuvent √™tres touch√©s ni m√™me sentis par ce dernier.
La plupart des f√©es sont v√©g√©tariennes, et elles ont une alimentation vari√©e. Elles mangent du miel, du fromage, des fruits, des c√©r√©ales et tous les produits du jardin. Elles n’aiment pas le lait qu’elles trouvent trop lourd et boivent plut√īt de la ros√©e ou l’eau des ruisseaux. Parfois, elles distillent une sorte de nectar √† partir des fleurs des arbres.

Les f√©es ont leur langage propre qui ressemble √† la fois au babil du merle, au murmure de la rivi√®re ou √† celui de la brise mais elles parlent √©galement la langue du pays o√Ļ elles √©lisent domicile.

Gr√Ęce aux plantes, il existe des fa√ßons d’acc√©der √† Fa√ęrie. Les fleurs, ont toujours √©t√© le lien entre le monde des humains et celui des esprits et sont le domaine sp√©cial des f√©es. Elles aiment et prot√®gent tout particuli√®rement les coucous qui ont le pouvoir d’indiquer l’or cach√© des esprits. On dit que les primev√®res rendent visible l’invisible, et que le fait d’en manger est le moyen infaillible de voir des esprits. Lorsqu’on touche la pierre des f√©es avec un bouquet fait d’un certain nombre de primev√®res, on s’ouvre un chemin vers le pays des f√©es et ses richesses, mais celui qui se trompe de nombre provoque sa ruine.

Pour voir les f√©es, il faut concocter un breuvage o√Ļ on met du thym sauvage dont on cueillera le bout sur le flanc d’une colline fr√©quent√©e par les f√©es, avec l’herbe qui forme le tr√īne de ces cr√©atures.Mais attention, il est dangereux d’introduire dans la maison les fleurs pris√©es par les f√©es.